Pour Bernard Drainville, le plan Fréchette risque plutôt de conduire à l'abandon du projet de troisième lien interrives.
«Christine propose de tuer le troisième lien en mettant des conditions impossibles. Moi, je propose sa réalisation. Aujourd’hui, Christine a enfin clarifié sa position, ce qui est bon pour notre débat. Malheureusement, ce qu'elle propose, c'est la fin du troisième lien. Trois fois plutôt qu'une», a lancé le député de Lévis.
Pour l'aspirant à la direction de la CAQ, les trois caractéristiques principales du projet proposé par Christine Fréchette, soit qu'il soit réalisé en partenariat public-privé, qu'Ottawa participe financièrement au projet et qu'il ne soit pas coûteux, n'inciteront pas à ce que le nouveau lien interrives sorte de terre.
«Elle dit vouloir un partenaire privé pour réaliser le projet. Puisque son projet est celui qui présente le plus faible potentiel d’achalandage, qu'il est le plus cher et le plus risqué, cette condition remet en question le projet. Elle souhaite que le fédéral investisse, ce qui n'est pas garanti en raison du faible potentiel de transport collectif à l'est. Cette condition remet en question le projet. Elle précise que son projet ne se ferait ''pas à n’importe quel prix''. Un projet à l'est, reporté indéfiniment dans le temps, sera beaucoup plus cher que celui sur lequel le gouvernement travaille actuellement. Cette condition remet en question le projet», a énuméré Bernard Drainville.
Du même souffle, l'élu lévisien a de nouveau livré un plaidoyer en faveur du dernier projet de troisième lien interrives défendu par la CAQ, soit celui du corridor chemin des Îles/boulevard Pierre-Bertrand/autoroute Robert-Bourassa.
«Avec le projet actuel, nous sommes à deux doigts de commencer le processus pour trouver un consortium pour mener les travaux. Le chantier doit enfin commencer dans deux ans. Le tracé à l’est suppose un projet monumental par sa longueur et aussi par sa hauteur. Il est aussi moins porteur en termes d’achalandage et n'a aucun potentiel pour le transport collectif. Nous avons déjà tout misé sur un projet monumental dans le premier mandat, avec le plus gros tunnel au monde. Veut-on vraiment recommencer? Nous avons un projet qui est prêt à démarrer, je ne peux pas me résigner à ce que nous reculions encore», a argué M. Drainville.
En conclusion, le candidat à la succession de François Legault a soutenu que «ce n'est pas le projet de troisième lien qui a fait mal à la CAQ, mais les changements de cap», en estimant que la proposition de Christine Fréchette est «un autre recul en faisant reporter le projet aux calendes grecques».