La lettre reste floue quant à l'identité du conseiller démissionnaire. L'ordre du jour de la séance avait un point consacré à la démission du conseiller Jean-Yves Perrault. Cependant, la missive distribuée ne précise pas si le conseiller démissionnaire est M. Perrault ou un autre élu.
Signée par les conseillers municipaux, la lettre poursuit en décrivant un «climat qui s'est graduellement dégradé» dans les dernières semaines. Des attaques personnelles auraient été dirigées envers les élus «allant jusqu'à viser leur vie privée et leur intégrité», écrit-on. De l'intimidation, des attaques personnelles et un manque de respect sont dépeints comme les agissements de certains citoyens dans les dernières semaines envers le conseil municipal.
Les élus rappellent également dans leur message qu'«advenant quatre démissions ou plus, la municipalité pourrait être replacée sous administration provisoire par la Commission municipale du Québec» et les pouvoirs du conseil municipal seraient alors suspendus temporairement, ce qui «ralentiraient considérablement l'avancement des dossiers et des projets collectifs».
Les conseillers terminent la lettre en invitant les citoyens de la municipalité à «réfléchir aux conséquences des [leurs] paroles et de [leurs] gestes afin de permettre à la municipalité d'avancer dans un climat constructif».
Rappelons que la hausse de taxe importante annoncée à 17 % avait secoué les citoyens de la municipalités qui ont fait connaître leur mécontentement notamment sur les réseaux sociaux à plusieurs reprises.
La date de la prochaine séance sera partagée lorsque le quorum pourra être respecté.
Déception et incompréhension chez les citoyens
Les citoyens qui sont arrivés nombreux se sont butés à une porte close. Ils ont été accueillis par le directeur général de la municipalité ainsi que par le chef du service de sécurité incendie, qui leur a remis un communiqué indiquant l’annulation de la séance et la démission du maire.
Ceux qui s’étaient déplacés se sont dits, pour la plupart, déçus de la façon dont ça s’est passé. Cette déception s’explique pour certains par le fait qu’ils avaient confiance à l’équipe en place. Ils auraient aimé que le maire démissionnaire se présente devant les citoyens et explique sa décision.
«Quand tu t’engages, ce n’est pas parce que tu sens la soupe chaude que tu t’en vas. Tu y fais face», a commenté une citoyenne qui a préféré ne pas être identifiée. «Nous allons encore payer en faisant une autre élection. Qui va vouloir se présenter ? Personnellement, je pense que Saint-Antoine-de-Tilly devrait être fusionné avec Lévis. Il y aurait une meilleure gestion», a-t-elle poursuivi.
«Je ne suis pas surprise que ça arrive», a commenté Janon Hamel. En compagnie d’un autre citoyen, Paul-Yvon Dumais, elle avait lancé une initiative pour inviter les citoyens à travailler à changer le climat qui règne dans la municipalité. «Notre but, ce n’est pas de renverser le conseil, mais c’est qu’on change le climat, qu’on change de manière de se parler et qu’on regarde en avant.»
Pour Renaud Labrecque, la polémique entourant l’augmentation des taxes n’est qu’un chapitre de plus dans cette saga municipale.
«C’est une belle municipalité. Elle mérite assurément mieux que ce qui s’y passe depuis 10 ans. […] Lorsque les élus sont ouverts aux commentaires, on est capable de retourner l’appareil municipal, même de la MRC. On l’a vu avec l’histoire de la taxe à l’immatriculation», a-t-il expliqué, ajoutant que la remise en question de décisions est tout à fait saine.
Après 20h, quelques conseillers se sont présentés à la salle du conseil. Ces derniers n’ont pas voulu commenter.
Propos recueillis par Mélanie Labrecque