La planification d’Hydro-Québec, d’ici 2035, est d’intégrer 10 000 mégawatts de capacité éolienne au Québec, dont 5 000 qui sont prévus dans l’appel d’offres de 2026. Rappelons que le territoire de la MRC de Lotbinière est de nouveau ciblé comme site potentiel.
Lors du précédent appel d’offres, le projet Lotbinière-Ndakina avait été retenu. Il prévoit l’implantation d’éoliennes dans le secteur de Sainte-Croix, Saint-Édouard et Issoudun.
À l’occasion d’une conférence de presse tenue le 26 mars, le président général de l’UPA, Martin Caron, a rappelé que seul 2 % du territoire québécois est consacré à l’agriculture et l’incursion de la filière éolienne menace, selon lui, le garde-manger des Québécois.
«La pression sur le territoire agricole est importante et constante. Depuis 10 ans, plus de 17 000 hectares agricoles ont été sacrifiés à l’étalement urbain, aux spéculateurs financiers et immobiliers, aux projets industriels et à la construction d’infrastructures. Toutes les composantes du gouvernement québécois, incluant Hydro-Québec, doivent à tout prix éviter d’aggraver cette problématique», a déclaré M. Caron.
Par ailleurs, le regroupement dénonce l’implication de l’entreprise privée dans la planification de ces projets. Cette participation s’éloigne de la mission qui visait à réinvestir les profits générés par la production énergétique dans la société québécoise. «Gardons nos services d’électricité publics, c’est à nous tous», a résumé le conseiller syndical au SCFP-Québec, Pierre-Guy Sylvestre, ajoutant que ces parcs devraient être nationalisés et installés au nord, non pas au sud.
D’autre part, le regroupement dénonce le fait que la société d’État laisse dans les mains du privé l’évaluation des impacts sociaux et environnementaux du développement éolien.
«Le gouvernement et Hydro-Québec font preuve de négligence en […] laissant la recherche de profit primer sur les risques. Les nouvelles connaissances concernant les impacts des éoliennes sur la santé et les écosystèmes exigent une révision des normes, et seul le consentement des communautés par référendum peut garantir l’acceptabilité sociale des projets», a quant à elle affirmé Janie Vachon-Robillard, coordonnatrice responsable du dossier éolien au RVÉQ.
Ces derniers réclament donc un moratoire sur le développement éolien et que le gouvernement mandate un BAPE générique sur la filière éolienne.