mardi 23 avril 2024
Votre Journal. Votre allié local.
PME

Les gouvernements doivent les placer au centre de leur politique économique, selon la FCEI

Les + lus

Photo : Pete Wright - Unsplash

09 janv. 2024 08:35

Avec l'utilisation des données annualisées de son Baromètre des affaires, la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) a dévoilé, le 9 janvier, la toute première édition de son bilan des PME de l'année 2023. Selon le regroupement, son analyse confirme que les gouvernements doivent placer les PME au centre de leur politique économique en 2024.

Pour les PME du Québec, l'année 2023 a été une année difficile, marquée par plusieurs pressions externes qui ont frappé des entreprises «qui n'étaient pas complètement remises des conséquences néfastes de la pandémie», selon la FCEI.

L'association affirme que leur niveau de confiance annuel pour l'année 2023 s'établit à 47,8, ce qui en fait le résultat le plus bas en près de 15 ans dans le Baromètre des affaires, à l'exception du creux de l'année 2020.

«Pour de nombreuses PME, l'année 2023 était censée être celle qui permettrait de laisser derrière elles les chocs immenses reçus durant la pandémie. En rétrospective, c'est le contraire qui est arrivé. Les coûts ont continué à s'additionner, et les gouvernements ont contribué à rendre la situation plus difficile. Citons par exemple la hausse des coûts d'électricité, qui a été la plus élevée en 25 ans, la hausse du salaire minimum la plus importante depuis 1995, et que dire de la fin d'année qui a été marquée par des augmentations majeures des taxes municipales. C'est à se demander où est passé la sensibilité envers les PME démontrée durant la pandémie», a déploré François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.

Autre donnée inquiétante selon la FCEI, l'état général des affaires est en baisse pour les PME québécoises. Elles sont 45 % à considérer que la situation de leur entreprise est bonne, 42 % estiment que la situation de leur affaire est acceptable, et 13 % jugent que leur situation est mauvaise.

En 2023, les pénuries de main-d'œuvre qualifiées et non-qualifiées ont été moins importantes qu'en 2022, mais elles demeurent les deux principales raisons pour expliquer les limites en termes de ventes identifiées dans le Baromètre des affaires. Elles sont également nettement au-dessus de la moyenne historique (respectivement à 13 et 9 points de pourcentage supplémentaires). À l'exception de l'agriculture, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée arrive en tête de liste pour tous les secteurs.

En ce qui a trait au secteur agricole, c'est la demande insuffisante qui est la première cause des limites de ventes pour 58 % des PME du secteur, soit un bond de 31 points de pourcentage par rapport à la moyenne historique. La demande insuffisante est également en hausse pour les secteurs du commerce de détail, du commerce de gros et de la fabrication.

«L'impact de l'inflation et de l'augmentation des coûts d'emprunt sur les ménages, se traduisant par une baisse de consommation, frappe particulièrement de façon néfaste ces secteurs», a expliqué la FCEI.

Pour les PME québécoises, les charges et les coûts en 2023 sont en hausse importante par rapport à la moyenne historique, que ce soit les charges salariales (+ 18 %), les coûts d'assurance (+ 30 %), les coûts des carburants et de l'énergie (+ 4 %) ou les coûts d'emprunt (+ 50 %).

«Cette pression supplémentaire se fait ressentir sur les investissements pour l'année 2023 qui sont en baisse dans toutes les catégories, soit la bureautique, l'outillage de fabrication, les terrains et bâtiments ainsi que les véhicules. Une baisse de l'investissement privé n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie ni une bonne nouvelle pour les PME», a ajouté la FCEI.

Soutien demandé

 Pour la FCEI, les gouvernements doivent donc appliquer un plan en trois étapes simples pour aider les PME : limiter l'augmentation des coûts, créer un environnement fiscal compétitif pour favoriser l'investissement privé et réduire le fardeau administratif et réglementaire pour accorder du temps aux entrepreneurs. Le regroupement estime qu'Ottawa, Québec et les municipalités «peuvent faire une différence positive ou négative».

«Comme résolution pour la nouvelle année, le gouvernement du Québec doit intégrer les PME au centre de ses priorités étatiques. Pour ce faire, il est temps de diminuer le poids fiscal qui freine davantage les petites entreprises d'ici que dans les autres provinces canadiennes, notamment avec des taxes sur la masse salariale 30 % plus lourdes. De plus, le ministre des Finances du Québec doit mettre fin à l'injustice fiscale qui empêche les plus petites entreprises des secteurs de la construction et des services d'avoir accès au taux d'impôt réduit pour petite entreprise. Enfin, il faut à tout prix limiter les augmentations des coûts gouvernementaux. La situation des PME est loin d'être favorable, et cela se voit dans les résultats du bilan 2023. Le gouvernement du Québec a les clés pour changer cette tendance inquiétante et ainsi améliorer le sort de plus de deux millions de Québécois employés par une PME des quatre coins du Québec», a conclu François Vincent.


Les + lus