Notons que le rapport de la FCEI s'appuie sur un sondage mené auprès de propriétaires de PME et sur un sondage d'opinion publique réalisé auprès de jeunes Canadiens.
Près des deux tiers (62 %) des propriétaires de petites entreprises misent surtout sur leurs contacts personnels pour recruter. Parallèlement, 3 jeunes sur 4 (73 %) passent principalement par des sites de recherche d'emploi, et seulement la moitié se tournent vers leurs réseaux personnels.
La FCEI estime que ce décalage fait que les employeurs recrutent dans des réseaux où les jeunes ne cherchent pas activement d'emploi. Les programmes d'alternance travail-études et de stages, qui mènent à un emploi permanent dans 73 % des cas, sont utilisés par 25 % des jeunes, mais seulement par 1 PME sur 5, «une occasion manquée de recruter des jeunes prêts à travailler» juge la FCEI.
«Nous avons actuellement deux groupes, les employeurs et les jeunes en recherche d'emploi, qui sont de plus en plus en décalage. Les PME recrutent par l'intermédiaire de réseaux de confiance et recherchent des compétences générales, tandis que de nombreux jeunes privilégient les sites de recherche d'emploi. Ils risquent ainsi de passer à côté de postes à pourvoir, ce qui alimente le taux élevé de chômage chez les jeunes», a précisé Bérengère Fouqueray, analyste de la recherche à la FCEI.
Également, le regroupement a constaté que près de la moitié des jeunes Canadiens refusent d'envisager des emplois exigeant des efforts physiques importants ou des quarts de nuit, alors que près de 2 sur 5 n'envisagent pas de travailler à l'extérieur.
«La réalité, c'est qu'il existe des emplois que les jeunes Canadiens ne veulent pas, ne peuvent pas ou ne sont pas prêts à occuper. Qu'il s'agisse d'un centre de villégiature dans le nord de la Colombie-Britannique ou d'un restaurant en milieu rural au Nouveau-Brunswick, les entreprises ont besoin de travailleurs pour maintenir leurs activités et soutenir leur économie locale. De nombreux jeunes ne peuvent pas ou ne veulent pas déménager ni travailler selon les horaires requis, surtout s'ils sont aux études. Si les entreprises ne parviennent pas à pourvoir ces postes, elles pourraient devoir fermer leurs portes», a illustré Bérengère Fouqueray.
Par ailleurs, plus des deux tiers des propriétaires de PME ne connaissent pas les programmes gouvernementaux d'aide à l'embauche. Ceux qui les connaissent décrivent des programmes «mal adaptés à la réalité opérationnelle des PME, dont les processus de demande sont compliqués et les échéanciers peu opportuns».
Ainsi, la FCEI demande aux gouvernements de réduire les taxes sur la masse salariale, d'instaurer des crédits d'impôt remboursables permanents pour l'embauche de jeunes dans le cadre de programmes d'alternance travail-études et de stages, et de simplifier les programmes comme Emplois d'été Canada afin de réduire la paperasserie.