Par Érick Deschênes
Évidemment, les Sabres s’ajusteront eux-aussi en vue des prochains matchs et ils tenteront de miser sur l’un de leurs principaux atouts pour venir à bout du Tricolore : la robustesse. Mais vendredi, la troupe de Martin St-Louis a appliqué l’un des grands préceptes de son entraîneur-chef, «prendre ce que la game te donne».
En première ronde, le Bleu blanc rouge affrontait une copie presque identique de son alignement en le Lightning de Tampa Bay. Une équipe offensive et rapide qui, en séries, peut rendre difficile la vie à l’équipe adverse en zone défensive.
Pour leur part, les Sabres aiment bien jouer pesant et provoquer des revirements en zone offensive avec un échec-avant constant. Mais leur pilote, Lindy Ruff, ne semble pas avoir copié pour le moment des stratégies mises en place par son homologue du Lightning, Jon Cooper, qui ont provoqué bien des casse-têtes au CH en première ronde.
Croyant que ses quatre trios peuvent provoquer des dommages offensifs, Lindy Ruff n’envoie pas un trio en particulier affronter un trio déterminé de la troupe montréalaise. De plus, en raison de la demande à ses attaquants d’effectuer un échec-avant serré en zone offensive, les Sabres n’ont pas un système défensif étouffant en zone centrale, comme le Lightning l’a si bien fait en première ronde contre le Tricolore.
Alors, vendredi, les hommes de Martin St-Louis ont pu exploiter ces opportunités offertes par les Sabres pour exploiter leurs atouts. Avec l’espace accordé en zone centrale, les Canadiens ont pu attaquer avec vitesse la zone défensive des Sabres, ce qui a permis de lancer des attaques couronnées de succès et de provoquer des revirements qui se sont finalement avérés dévastateurs.
Ce n’est pas pour rien que certains des meilleurs patineurs de l’équipe montréalaise, Alex Newhook, Alexandre Carrier ou Mike Matheson, ont pu faire bouger les cordages vendredi soir. Les Sabres ne semblaient pas avoir de clé pour résoudre le mystère provoqué par le CH à Buffalo, à l’exception de frapper tout ce qui bouge. On a juste à penser à la mise en échec assez discutable de Jordan Greenway sur Ivan Demidov. Heureusement, le CH semble s’en être tiré sans dommage apparent.
Toutefois, malgré que Cole Caufield est plus dangereux, le premier trio n’obtient toujours pas de résultats sur la feuille de pointage à cinq contre cinq. De plus, Martin St-Louis doit trouver une solution pour relancer son avantage numérique. Avec son jeu robuste, Buffalo donnera de belles occasions aux Canadiens de les faire payer.
Mais ce n’est pas avec une unité principale de jeu de puissance qui ne peut que faire circuler la rondelle en zone offensive que l’efficacité en supériorité numérique du CH s’améliorera. Il sera peut-être bien que les joueurs désignés sur ces unités aillent davantage se salir le nez dans l’enclave.
Grâce à sa victoire, le CH demeure en bonne position dans cette série quart de finale et pourra profiter de l’avantage de la glace au cours des deux prochains matchs du duel pour prendre l’ascendant sur les Sabres.
Parce que si la troupe de Lindy Ruff continue d’offrir de belles opportunités au Bleu blanc rouge de miser sur ses forces, le printemps magique des Canadiens pourrait bien se prolonger au grand bonheur des milliers de partisans de la Sainte-Flanelle.
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