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Budget fédéral

Des mesures insatisfaisantes pour l’UPA

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Photo: Gilles Boutin - Archives

17 avr. 2024 11:15

L’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec est déçue que le budget fédéral déposé hier ne contienne pas d’aide spécifique au secteur agricole canadien et québécois.

Le revenu net des agriculteurs est en chute libre depuis quelques années. Au Québec, selon des chiffres compilés par Agriculture et Agroalimentaire Canada, il aura diminué de moitié (-49 %) en 2023 et les prévisions pour 2024 situent les pertes à 86,5 %. Il passera donc de près d’un milliard de dollars en 2022 à 66 M$ en 2024.

«La responsabilité de venir en aide au secteur agricole n’incombe pas uniquement aux gouvernements des provinces. L’inflation, l’augmentation des coûts de production et l’endettement touchent l’ensemble des fermes au pays. Il appartenait donc au gouvernement canadien d’aller au-delà de sa participation habituelle au financement des programmes fédéraux et provinciaux», a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.

Une dette importante

Parallèlement à la baisse des revenus, la dette du secteur agricole canadien augmente.

Elle est passée de 71 G$, en 2012, à 138,9 G$, en 2022. C’est une augmentation de 93,5 %.

L’UPA souligne que ces chiffres s’expliquent, entre autres, par les augmentations successives du taux directeur de la banque du Canada. Chaque augmentation d’un point de pourcentage se traduisait en une hausse de 1,3 G$ en dépenses d’intérêt.

Un financement plus faible

Le Canada ne fait pas bonne figure quand il est comparé à d’autres pays de l’Organisation de coopération de développement économique, à ceux de l’Union européenne et des États-Unis. Le soutien amené au secteur est l’un des plus faibles au monde, déplore l’UPA.

Selon un rapport publié par RBC Banque Royale, le soutien agricole total gouvernemental s’élève à 10 % des revenus totaux des agriculteurs en 2021. Pour la même année, il était de 12 % aux États-Unis, de 16 % dans l’Union européenne et de 18 % en Chine.

S’ajoute un plus faible financement de la lutte contre les changements climatiques. Au Canada, il s’élevait à 0,5 % des revenus totaux des agriculteurs, en 2021. En comparaison, aux États-Unis, cette contribution se chiffrait à 1,7 %.

Des mesures d’intérêt

Malgré l’absence d’aide spécifique, l’UPA souligne certaines mesures budgétaires qui aideront les agriculteurs.

  • Un montant additionnel de 64 M$ pour l’année 2024-2025 afin de soutenir le plafond de 250 000 $ de la partie sans intérêt du Programme de paiements anticipés (PPA), comme annoncé récemment par AAC. Le gouvernement a temporairement fait passer le plafond de la partie sans intérêt du PPA de 100 000 $ à 250 000 $ en 2022 et à 350 000 $ en 2023;
  • 24 M$ par année sur deux ans pour l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada afin de maintenir le programme d’inspection de l’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle);
  • des modifications à venir à la Loi sur Financement agricole Canada pour favoriser l’investissement de capital de risque et le déploiement de technologies visant à atténuer les changements climatiques;
  • le lancement de consultations, en juin prochain, sur l’interopérabilité et le droit à la réparation;
  • diverses mesures fiscales touchant le traitement des gains en capital dont l’effet combiné dépendra de la situation individuelle des producteurs agricoles.

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