Les élus de Saint-Antoine-de-Tilly se sont rassemblés le 24 février dernier pour la reprise de leur réunion mensuelle qui avait été annulée la semaine précédente. La rencontre a eu lieu devant une salle remplie et s’est déroulée sous une certaine tension. Elle a toutefois permis aux élus d’expliquer plus en détail la teneur du budget adopté en décembre ainsi que de répondre aux différentes questions des citoyens.
«On espère avoir regagné un peu de confiance. On sait que le lien de confiance a été brisé pour certains. J’ai bon espoir que ça va se rétablir en cours de mandat parce que le conseil en place ne pense qu’à la municipalité et qu’aux citoyens», a souligné la mairesse suppléante, Myriam Lambert-Dumas, au terme de la séance et de la période de questions.
Les citoyens ont exprimé des questions «légitimes», ajoute-t-elle, soulignant que le conseil municipal a pris note que les priorités et les besoins des citoyens diffèrent peut-être de celles exprimées dans le plan de développement 2019-2029; document sur lequel le conseil basait ses décisions. Des consultations seront menées en cours d’années afin que les priorités de la population soient prises en compte dans la préparation du budget 2027.
Mise au point sur le budget
«Nous sommes conscients que certaines erreurs ou coquilles se sont insérées dans le budget. Nous avons pris les commentaires au sérieux. C’est pourquoi nous avons consulté le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation afin de vérifier s’il était possible de réviser le budget ou le taux de taxation après l’envoi des comptes de taxes. La réponse est formelle, ce n’est pas légalement possible», a soutenu, d’entrée de jeu, Mme Lambert-Dumas.
Lorsqu’il y a un nouveau rôle d’évaluation dans une municipalité, comme c’était le cas à Saint-Antoine-de-Tilly, où il a grimpé en moyenne de 15 %, les municipalités ajustent le taux de taxation afin d’en limiter les impacts sur les citoyens.
Or, lorsqu’il s’est penché sur la taxation, le conseil municipal a pris en compte l’augmentation des dépenses incompressibles, notamment les quotes-parts versées à la MRC, qui ont progressé en moyenne de 10,4 %, passant de 564 000 $ dans le budget de 2025 à 631 000 $ dans le budget de 2026. «Ces augmentations absorbent presque entièrement les gains liés à la hausse du rôle d’évaluation», mentionne Mme Lambert Dumas.
Le conseil municipal a également reçu des commentaires de citoyens soulignant des erreurs dans le budget dont l’achat d’un camion qui n’a pas été amorti sur plusieurs années ainsi qu’une «erreur technique» qui a résulté en un montant supplémentaire de 172 000 $ qui a été budgété.
«Il n’est pas dépensé, il n’est pas perdu, il demeure disponible. C’est une erreur et on le reconnaît. On a revu le fichier, identifié la source du problème et corrigé la méthode pour que ça ne se reproduise plus. Maintenant, notre responsabilité, c’est d’utiliser cette somme de la façon la plus responsable possible, au bénéfice des citoyens», rajoute Mme Lambert-Dumas.
Ces sommes seront probablement affectées au fonds de roulement de la municipalité ou à un fonds qui serait créé uniquement pour les travaux liés au dossier des eaux usées.
De nombreuses questions
Une pétition demandant au conseil municipal de revenir sur sa décision et de réviser le budget et le taux de taxation circulait dans la municipalité. Plus de 360 signatures ont été recueillies. Une citoyenne est venue aviser qu’elle serait déposée le lendemain.
Une autre citoyenne a demandé s’il était possible d’étaler le paiement des taxes en plus de trois versements. On lui a répondu que ce n’était pas possible pour cette année, mais que le sujet serait étudié pour le budget de 2027.
Une citoyenne a souhaité que la Municipalité rende disponible un résumé détaillé des différentes dépenses inscrites au budget.
La question des quotes-parts versées à la MRC est revenue à quelques reprises pendant la période de questions. Les citoyens ont demandé une représentation plus forte de la Municipalité face à la MRC. «Vous êtes là pour nous représenter», leur a rappelé Paul-André Vallières. Pour sa part, Ghislain Daigle a demandé que la Municipalité fasse des représentations sur la méthode de calcul.
Le dossier du traitement des eaux usées est également revenu à plusieurs reprises. Certains ont remis en doute les priorités du conseil municipal alors que des dossiers liés aux loisirs, comme la patinoire ou la scène extérieure, avancent alors que ceux de l’eau stagnent. «Il ne faut pas oublier que les dossiers peuvent avancer en parallèle. On peut installer une patinoire et faire avancer des dossiers importants», a répondu la mairesse suppléante.
D’autres ont demandé un échéancier. «À ce stade, il n’y a aucun échéancier qui est confirmé pour les eaux usées, puisque certaines étapes dépendent des autorisations et des orientations gouvernementales», a poursuivi Mme Lambert-Dumas. Actuellement, quatre sites de rejet sont à l’étude et les caractéristiques de chacun auront un impact sur l’ampleur du projet.
Un suivi sur le dossier de l’eau potable a également été demandé. On a expliqué que des tests seraient réalisés ce printemps sur un site afin d’évaluer le potentiel de la nappe phréatique.
Des citoyens refoulés à l’entrée
Quelques minutes avant le début de la séance, les citoyens qui arrivaient toujours se sont butés à une porte fermée. Des pompiers du service de sécurité incendie de la municipalité étaient présents pour s’assurer que la capacité d’accueil (82 personnes avec les élus et le directeur général) de la salle était respectée. Des agents de la Sûreté du Québec étaient également sur place.
Cette fermeture de la salle n’a pas plu aux citoyens qui ont été obligés de rebrousser chemin. Certains se sont exprimés sur les médias sociaux. Notamment, un citoyen qui déplore que la séance n’ait pas eu lieu au Centre communautaire.
«C’est très désolant et cette situation me laisse perplexe», a commenté Sylvia Alma Deschesne sur le groupe Facebook Saint-Antoine-de-Tilly.
Toujours sur le même groupe, Jean Labelle a demandé que l’enregistrement de la séance soit rendu disponible le plus rapidement possible.